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Témoignage de Guts

Bonjour/bonsoir je me nomme Guts , je n’ai jamais pu supporter la pression du monde extérieur.
Depuis tout jeune j’ai toujours été un enfant solitaire qui aimait se plonger dans des tonnes de livres pour entretenir mon imagination, j’avais bien quelques potes pour aller faire du vélo ou des conneries de gamin mais j’ai toujours été « dans ma bulle », j’ai eu une très belle enfance malgré que mon père malade de la relation avec ma mère buvait beaucoup de ce que je me souviens.


Puis vint l’adolescence, j’étais très bon à l’école en primaire et encore extrêmement naïf et dans mon monde, on me força à sortir de cette bulle que je m’étais crée.
On a commencé à se moquer de moi pour ma couleur de peau (étant brésilien d’origine) et mon attitude fuyante par rapport aux autres, je le suis toujours maintenant mais avec internet j’arrive plus à me libérer.
J’ai commencé le joint avec un pote je voulais savoir ce que ça faisait et plus je fumais plus mes notes baissaient et j’avais l’impression que tout n’était que supercherie un jour ou j’ai eu mes 14 ans, je me suis éveillé. ( j’ai pris conscience que je n’arriverai jamais à m’intégrer dans la société.)

Mes parents se sont séparés cette année là et j’ai appris que mon père trompait ma mère avec sa belle sœur (ma tante) depuis trois ans et je l’ai même vue ce jour là. Tout s’est écroulé et c’est à partir de là que j’ai commencé à me renfermer et déprimer dans ma chambre d’adolescent.
Je me scarifiais le bras déjà à cette école dont j’ai changé l’année suivante, réussissant mes 5 examens de repêche. j’ai commencé à fumer plus et dégoutté de cette société j’adoptais un style marginal.


1 an plus tard je rencontrais enfin quelqu’un avec qui je voulais faire ma vie, je suis resté 7 mois avec mais je pense qu’elle m’a quitté pour un autre. Ça m’a complètement démoli et moi qui reprenait une vie sociale plus ou moins saine je me suis renfermé d’un coup. J’ai suivi plusieurs formations ( vente, peinture en bâtiment, parc et jardins) par la suite mais là je me suis pris aussi une claque dans la gueule. j’étais bien trop lent pour travailler, pas dégourdit et pas très sociable en plus ( j’avais déjà des angoisses en me levant).

Vient ma première hospitalisation car je buvais démesurément déjà à cette époque même si j’étais suivi par une psy. j’ai commencé à 14 ans avec des pseudo potes qui voulaient surtout se foutre de moi. et j’ai aimé la première fois ou j’ai senti l’alcool se diluer dans mon corps. Cela a été une bouteille toute les trois semaines puis une toutes les deux semaines puis tous les jours plus les médocs que je prenais , je voulais déjà foutre ma vie en l’air a 20 ans. Puis j’ai essayé la drogue dure, la cocaïne ou j’ai pris pendant des mois dépensant bêtement mon argent pour quelques secondes de plaisir avec des pseudo amis.
Et récemment je suis tombé sur des personnes qui se sont bien foutu de moi j’ai pris au crack pendant plusieurs mois avant de me faire virer de mon appart a cause du tapage nocturne et des gens que je ne pouvais pas héberger..


Heureusement j’ai retrouvé un appartement , j’ai d’abord du passer par l’hôpital deux fois ayant une sévère dépression avant de m’installer pour m’enfermer chez moi dégoutté de la race humaine. J’ai fait une longue dépression quand j’ai arrêté le crack cela va faire un an maintenant, j’ai du repasser encore deux fois par l’hôpital, une fois l’année passée , un séjour qui a été très difficile car j’étais perturbé et dégoutté des humains et je n’arrivais pas à aller vers personne, voulais rester dans ma bulle, je me suis senti a part et je m’auto-rejetais, puis vint enfin la période ou j’ai retrouvé un appartement là comme j’étais dégoutté de la race humaine je suis enfermé depuis des mois bientôt un an, j’ai du repasser par l’HP pour régler mon traitement et cela va un peu mieux, ça dépend des soirs, je suis souvent déprimé quand je commence à réfléchir mais je tiens bon.

Je ne saurai pour l’instant pas rencontrer des gens ça me mettrai dans un état de stress et d’angoisse que je n’arriverai pas à contrôler étant limite traumatisé depuis que j’ai touché à une des drogues les plus dures au monde. Ce qui est difficile c’est que j’ai donné énormément de moi-même pour essayer d’aider ces personnes avec qui je restais et qui étaient dans la difficulté, je n’avais pas le cœur à les mettre dehors et on consommait comme des tox chaque fois que je touchais mon argent de poche. J’avais perdu 30,35 kilos avec zéro confiance en moi.

C’est un ami de longue date qui m’a limite sauvé en me disant que ça ne pouvait plus continuer et que je devais me faire soigner…
Tout seul je suis bien, je touche une pension pour handicapé ( dépression) dans mon monde comme je l’étais autrefois et sortir est une vraie torture entre le stress et les attaques de paniques. Etant sous tutelle je ne peux pas malheureusement pas faire les courses en entier pour plusieurs mois mais au moins ça me force à sortir même si je déteste ça. Pour l’instant le monde du travail me dégoutte et je ne me vois pas recommencer.

Bien sur j’ai des moments de cafards ou j’ai envie d’en finir mais je tiens bon, je fumais beaucoup de cannabis il y a quelque temps mais j ai arrêté. ( marre d’user le peu d’argent que j’ai pour au final pas grand chose) bien sur ça reste dur mais je pense y arriver. Voici mon témoignage, j’ai fait du mieux que je peux n’ayant pas écrit depuis des années 🙂 Sinon, je me suis disputé avec mes parents pour cause que je ne supportais plus la tutelle, je me suis réconcilié avec ma mère mais j’ai envoyé un mal plus que salé à mon père qui ne veut plus me parler depuis.

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5 thoughts on “Témoignage de Guts”

  1. Bravo pour ton témoignage c’est un grand pas que tu franchis. J’ai moi-même témoignée en tant que parents et je me suis sentie vidée et épuisée après mon témoignage mais quelque part libérée … tu ne précises pas ton âge … mon fils hikikomori va avoir 30 ans fort heureusement il ne boit pas et ne se drogue pas. J’ai moi-même pas mal fumé dans ma jeunesse. J’ai bu à outrance jusque. 2008. J’ai pris rendez-vous avec un psychiatre et je me suis aperçue que boire était ma « thérapie » je faisais des attaques de panique je ne pouvais plus aller travailler aujourd’hui encore malgré les médicaments je n’arrive pas à sortir seule. Je pense que je suis en grande partie responsable de l’état de mon fils il vit sous notre toit est barricadé impossible de le voir ou de communiquer. Je te félicite de ton courage parler de toi est un pas vers les autres.

  2. Salut j’ai lus jusqu’au bout ton récit, on se voit aussi a ta place même si on ne peut pas vivre exactement la même chose. Chaque témoignage est courageux, j’apprécie ton courage Guts. Tu as vécus des choses difficiles, dont tes parents ce qui fait échos aux miens.

    Peut-être que ton propre courage, va inspirer des gens a pouvoir parler a leur tour merci. Force a toi.

  3. Bonjour Guts,

    Comme déjà écrit par d’autres précédemment: bravo pour l’effort et le courage que ça t’a demandé. Une chose est sûre : on ne peut avancer que sur la base de la vérité. Et tu as fait acte de vérité. Et comme déjà indiqué, ton témoignage peut aider une autre personnes, dans la même difficulté, à passer le pas.

    Tu ne pouvais pas aider « les amis » avec qui tu partageais drogue et alcool. Pour aider les autres, il faut « être » ou avoir appris à être solide. Ce n’est pas encore le cas aujourd’hui (plus tard, ça pourrait l’être). Et même en étant soi-même solide, on ne peut pas aider celui ou celle qui ne le veut pas vraiment. Il faut attendre qu’une fenêtre « je veux de l’aide, je veux passer à autre chose » s’ouvre dans sa vie.

    Oui, tu livres un combat entre les ténèbres et la lumière. Continue à être courageux et tiens-nous au courant de l’évolution de ta situation.

    Affectueusement,

  4. Un grand bravo pour ton témoignage Guts.

    Ne t’inquiète pas pour la qualité de l’écriture. Non seulement, ton texte est structuré et compréhensible, mais surtout, quand bien même il y aurait quelques maladresses par ci par là, ça arrive à tout le monde quelques fautes de frappe. C’est déjà éprouvant de tenter de rédiger un résumé de ce qui a pu nous ronger, alors parfois, on peut avoir du mal à être pleinement concentrés sur ce qu’on écrit.

    Pour rebondir sur ce que tu as écrit, je rejoins en partie l’avis de ton ami qui t’a dit que ça ne pouvait pas continuer ainsi. J’ajouterai à cela que notre entourage nous influence nécessairement, qu’on le veuille ou non. Je serais bien mal avisé d’affirmer quoi que ce soi, car je n’ai pas vécu ton quotidien, cependant je suppose que si tu te sentais aussi mal et si tu plongeais dans certaines dérives, c’est en partie sous l’influence des personnes autours de toi. J’ignore comment étaient tes camarades d’infortune, cependant, j’imagine que ça devait être compliqué pour toi par exemple « de refuser une taf' » quand un de tes camarades en entamait une et t’en proposait une. Le courant social fait que souvent, on ne veut pas renvoyer une mauvaise image à notre prochain, si bien que parfois, on peut se laisser influencer jusqu’à ce que l’influence devienne une habitude.

    Cela peut paraitre très égoïste évoqué comme ça, mais même si tu penses le contraire, tu ne dois rien à personne. Le plus important c’est de suivre le chemin qui te mènera vers la vie qui te correspond. En ce sens, ça ne plaira nécessairement pas à tout le monde, mais aussi difficile soit-il, tu dois ignorer les attentes des autres. Le plus important, c’est que tu te concentres sur ton bien-être et sur ce que tu souhaites vraiment pour toi, quitte à ce que ça ne corresponde pas à ton entourage.

    Bref, je te félicite de nouveau sincèrement pour ton témoignage et je te souhaite de tout cœur de parvenir à rebondir malgré tout.
    Force et courage à toi.

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