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Témoignage de Rin

Témoignage Rin

Bonjour et/ou bonsoir à tous et à toutes, vous avez peut-être déjà lu mon témoignage que j’avais fait de façon anonyme. J’ai décidé de faire une refonte de ce dernier ainsi que de rajouter quelques précisions. En effet, il y a quelques petites choses qui se sont rajoutées. Je préviens direct que pour les potentielles âmes sensibles, passez votre chemin ainsi que les plus jeunes (-18 ans). Je risque d’être crue à certains moments et je ne vais pas romancer mon texte comme j’avais fait pour le premier. Cela fait quelques semaines que cette idée de refonte me trotte dans la tête, j’ai juste besoin d’en parler et écrire est la meilleure façon. Dans mon ancien témoignage, je m’étais fait appeler Haneko qui était un surnom composé de deux mots : hana et neko ( hana veut dire fleur, neko veut dire chat en japonais). Je n’use plus de ce nom-là et puis, j’ai décidé d’écrire cette fois-ci à la première personne du singulier. 

Je viens d’un pays loin de l’Europe, mais limitrophe de ce grand continent qu’est l’Asie et pour être plus exacte, la Chine. J’ai été abandonnée un jour après ma naissance près d’une usine à gaz. J’ai eu de la chance qu’un policier passe par là et me confie dans un orphelinat. Je vais y rester jusqu’à mes 1 an jusqu’à qu’une maman belge vienne me chercher. Je ne savais pas encore que plus tard, je l’appellerais maman. Le père n’était pas venu jusqu’en Chine, car il avait du boulot donc, ma maman a fait tout le voyage en mai pour venir me chercher et me ramener en Belgique. Ma mère avait décidé d’arrêter de travailler pour prendre un travail à plein temps, mère au foyer. Oui, ma maman a arrêté de travailler pour avoir la chance de me voir grandir et m’éduquer (c’était sa vision des choses.) Dès que j’ai eu l’âge de parler et de comprendre, ma mère m’a directement avouée que j’ai été adoptée. Elle savait très bien que cela ne serait pas possible de me le cacher et puis à quoi bon ? Je vous avoue que j’ai eu l’impression que la terre disparaissait sous mes pieds et diverses questions me hantèrent assez rapidement.

Pourquoi j’avais été abandonnée ? Pourquoi j’ai été adoptée ? Pourquoi mes chers parents avaient décidé de se débarrasser de moi comme on le ferait avec un déchet. Est-ce que c’était parce que j’étais une fille ? Est-ce que j’ai été indésirable ? Des milliers de questions fusaient en moi et je ne pouvais pas avoir de réponse. La chose qui me faisait le plus de mal à cette époque était que j’avais été abandonnée un jour après ma naissance. Genre allez hop tu es née maintenant, tu dégages. Je n’arrivais pas à en parler avec mes parents adoptifs, car je ne voulais pas qu’ils se fâchent, qu’ils le prennent mal, pensant réellement que c’était un sujet tabou (cela ne l’était en aucun cas, mais cerveau de gamine quoi.). Vers mes 3 ans, ma mère s’est séparée de mon père et de nouveau, je me suis posé les questions du style, était-ce de ma faute ? Avais-je fait quelque chose de mal ? J’apprendrais bien plus tard que c’était parce que mon père était très violent, et que ma mère s’est « enfuie » avec moi pour me protéger de son alcoolisme.

Une chose qui m’a longtemps perturbée et qui va être une chose de mon mal-être. Le monde n’était pas lent, mais c’était moi qui allais trop rapidement ou pour être exacte, c’est mon cerveau qui fonctionne 7x plus rapidement que les personnes normales. On m’a fait plusieurs tests avant que la réponse fût concluante, je possède un quotient intellectuel plus développé. Une personne haut potentielle. Génial ! Super… Je ne vous dis pas les maux de crânes à gogo, la fatigue en plein milieu de la journée et évidemment, le sommeil m’était offert que très rarement. De ce fait, on me fit passer une année en maternelle, je n’ai pas fait mes 3 ans, mais seulement, 2 ans, car je me faisais vulgairement chier. ((Une parenthèse : en Belgique, on fait 3 ans de maternelle, 6 ans de primaire et 6 ou 7 ans en secondaire puis c’est le BAC et après l’université. Ainsi que les années se passent en ordre croissant (1-2-3-4-5-6-7).

Vers mes 5 ans, mon père était beaucoup trop proche. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi je devais être sur ses genoux au cinéma ou à l’heure des repas. Je ne comprenais pas pourquoi une bosse se formait au niveau de son pantalon. Je ne comprenais pas quand il me déshabillait pour me laver, il devait absolument me toucher ma poitrine (si on peut parler de poitrine à cet âge-là) ou encore entre les cuisses. Je ne comprenais pas pourquoi il me « massait » à ces endroits-là pour me détendre. Tout ce que je savais, c’est que j’en avais peur et je n’aimais pas cela. Quelque chose dans mon cerveau me disait non, je ne voulais pas, je n’aimais pas cela. Mon père prétendait que c’était tout à fait normal, que tous les pères faisaient cela à ses enfants. C’est à cette époque également qu’il me frappait, me donnant des gifles à me faire tomber ou jusqu’à qu’il y a du sang. Je l’ai toujours excusée en me disant que c’était sûrement de ma faute, j’ai dû l’énerver, je n’ai pas rangé ma chambre ou autre, enfin que tout cela était normal. Il a fait ça jusqu’à que j’ai mes règles donc jusqu’à mes 8 ans. En dehors de mes attouchements, il était un papa dit normal. Il avait un week-end sur deux et la moitié des vacances où je passais du temps avec lui. Il m’emmenait faire des activités, je passais des moments à part quelques moments où je craignais d’être seule avec lui, souvent le soir ou le matin.


Puis du jour au lendemain, il changea et commença à boire encore et encore. Je ne sais plus combien de fois, je l’ai vu allongé sur la table de la cuisine, en caleçon avec une dizaine de bouteilles d’alcools forts à ses pieds, certains même était brisées, car ils les jetaient par terre. Il s’en foutait complètement que je me blesse. Il possédait l’alcool mauvais comme on dit, naïve, j’ai voulu arrêter de boire et j’ai vidé toutes ses bouteilles dans les toilettes puis, je les ai remplies avec de l’eau. Quand il a appris ma connerie, c’était ma véritable fête. Il m’a frappé, donné des coups de pied, passant toute sa haine comme quoi je lui avais fait perdre beaucoup trop d’argent. Je pense que ce qui m’a sauvé, c’est qu’il s’est écroulé un moment et a commencé à dormir. Je me rappelle très bien de la douleur et j’ai peiné pour aller dans ma chambre et pleurer. Évidemment, nos petits secrets restaient secrets après tout, si j’osais le dire à quelqu’un, j’allais encore souffrir. (J’ai été conne, je sais mais, oui, je n’ai jamais osé rien dire à ma mère ou proche car j’avais peur que mon père leur fasse du mal.). Heureusement que je ne portais rien de féminine, j’ai rapidement opté pour des tenues longues, des vêtements qui couvraient facilement mon corps laissant juste voir mon visage et mes mains.) Quelque temps après ce mauvais épisode, mon père a décidé que je devais affronter la vie comme lui, il l’a affronté. Il a été para-commando et a été en guerre, ce qui le faisait justifier que je devais apprendre à supporter la douleur, à « survivre » à tout et à n’importe quoi et surtout comment réagir différentes tortures. 

Il m’a enfermé un week-end dans une pièce, attachée avec une goutte d’eau qui pouvait se faire entendre, il m’a frappé à sang, il m’a appris à tirer et il m’a tiré dessus afin que je puisse connaître la douleur et la maitriser pour pas faire du bruit, il m’a fouetté alors que je devais compter le nombre de coups qu’il allait me donner, il m’a étranglée et m’a presque noyée. Si j’osais pleurer, crier ou le supplier, il continuait plus longtemps. Quand il avait fini de « jouer », il me prenait par les cheveux et me balançait sur le lit avec un potentiel repas ou non. Il m’a appris à tirer à l’arc, m’a expliqué comment retirer une flèche plantée dans mon épaule et cuisse. Il m’a drogué au somnifère ou quelque chose ainsi afin que je puisse vaincre l’envie de dormir, il organisait des jours de chasse où j’étais la proie, où je devais fuir, me cacher ou le blessé. La chose que j’ai comprise plus tard, c’est que mon père était un beau menteur et arrivait toujours à masquer mes blessures en disant que c’était ma mère qui me frappait ou alors j’étais « tombée », « blessée » par ma maladresse. Une infirmière avait bien compris et a tenté de convoquer la maltraitance des enfants, mon père m’a fait vivre un calvaire en pensant que j’avais cafté, heureusement pour lui que mon père connaissait le maire ainsi qu’un avocat qui a réussi à passer à la trappe l’association. Mes grands-parents paternels étaient au courant, mais préféra taire ce doute, préférant ne pas voir ce que leur petite-fille.

Quand j’ai eu mes règles, à 8 ans, mon père m’a violé le week-end suivant. Il était venu dans mon lit comme il le faisait, m’a pris dans ses bras et m’a balancé sur son lit avant qu’il rentre. Cela m’a fait si mal que j’ai hurlé, j’ai hurlé pour qu’il arrête. J’étais terrorisée, il m’a violé pendant toute la nuit, quitte à prendre du viagra et si je ne lubrifiais pas assez, il me vidait la moitié d’une bouteille de lubrifiant et il continuait. À partir de ce moment, en plus de la maltraitance, quand il avait besoin de se vider les couilles, il me demandait, non… Il le faisait. 

Puis un soir, il m’a dit qu’il avait invité des amis. J’avais bien entendu reconnu le maire, l’avocat ainsi que quelques amis que je connaissais juste parce que mon père me les avait présentés. Je pensais que c’était une soirée entre-pote, que je devrais aller dans ma chambre et c’est tout, mais non, j’étais le plat de résistance. J’ai dû les sucer contre mon gré, usant un « masque » pour laisser ouvrir la bouche, jouissait dans ma bouche et me frappait si je laissais tomber une miette. Si un de ses amis payait assez, il avait le droit de me frapper en plus des viols. Je me rappelle que quelques passages, car je me suis évanoui plusieurs fois. Ils ont fait toutes les folies qu’ils voulaient, usant de différents objets pour arriver à leur fin. Quand ils ont eu, finis, mon père m’a rincé à l’eau et m’a foutu dans mon lit. Il a continué à faire ses petites soirées, changeant parfois d’amis, proposant même des shows privés. Il a été invité dans un manoir d’échangistes, club BDSM, où il faisait son petit business grâce à sa fille qu’il avait ordonnée que je sourisse et que je fasse la belle. Évidemment cela n’était pas tous les soirs qu’ils me violaient, mais les attouchements étaient récurrents, mon père gagnait même des faveurs, des cadeaux tant que j’étais une partie de la monnaie d’échange. Finalement, le manoir SM fit un espace « glory hole » (grosso modo : des trous où des hommes mettaient leurs engins et ils se faisaient sucer par une inconnue ou alors une femme écartait les jambes, le « faux mur » qui était troué juste assez pour que la femme puisse passer ses jambes et c’était free sexe avec une inconnue. Ils ne voyaient pas le visage de la femme, juste les jambes et le sexe de cette dernière.). Mon père m’y emmena quelques soirs en tant qu’événement donné par le manoir.

J’ai subi cela jusqu’à mes 17 ans et demi où j’ai refusé d’aller chez mon père, c’était la dernière fois que je l’ai vue. En parallèle de mon père, ma mère était très gentille et douce, très sévère et quelques engueulades normales surtout en ce qui concernait l’ordinateur et Internet. Ma mère a toujours cru que j’étais accro à cela et aux jeux vidéo, pensant que ma descende de note était la faute de mon ordi et mes jeux. Je n’ai pas réussi à avouer à ma mère que c’était juste ma porte de sortie, ce qui me faisait tenir était les quelques heures que je pouvais sourire, rigoler avec ces amis virtuels. Ces petits moments qui me permettaient tout simplement de tenir. Ces petits moments qui me permettaient de supporter l’enfer que je vivais à la maison et à l’école.

Je n’ai jamais été mince, j’étais différente et je ne réfléchissais pas comme les autres enfants. Des motifs suffisants pour que je puisse connaître le fabuleux moment du racisme. Les moqueries de la part d’enfants, piquent de la part des professeurs jusqu’à qu’ils décident que je deviens leur souffre-douleurs. Quelques coups par ici et par là. Je me suis fait littéralement tabasser pour une raison toute de bête, car j’ai eu la meilleure note de la classe, que je répondais juste, etc…. Finalement, je ne faisais plus rien à l’école, car j’avais peur des élèves. J’ai eu également de l’acide, car j’étais en science forte, heureusement que je connaissais la méthode pour vaincre l’acide très rapidement. Et ma maman, sans le vouloir me donnait un sujet de stress, si je descendais en dessous de ce que ma mère voulait, 7/10. Elle n’hésitait pas à me rappeler que j’étais fainéante et que j’avais les compétences pour le faire, c’était juste de la fainéantise. J’ai plusieurs tenté d’ouvrir cette porte, devenir un oiseau qu’on appelle suicide. J’ai essayé plusieurs méthodes, j’ai fait de nombreuses de tentatives, je m’en fichais complètement de ce qui pouvait m’arriver jusqu’à que je rencontre un soi-disant ami sur le net. 

J’étais encore très naïve et j’étais jeune, je pensais vraiment que c’était par gentillesse, je le voyais presque comme un héros qui voulait juste me sauver. J’ai organisé ma fugue afin de fuir mes problèmes, j’ai fugué pendant 7 mois chez ce dernier en voulant « prendre des vacances ». Il voulait juste me briser et ensuite devenir de la marchandise pour le trafic des enfants. Il me viola tout simplement et me drogua, je pensais être sauvée, mais je venais de connaître un nouvel calvaire. J’ai dû jouer la comédie pour qu’il puisse me redonner mon ordinateur où j’ai profité pour ouvrir ma boite mail, sachant parfaitement qu’ils devaient la surveiller. La police qui m’a récupéré a voulu m’impressionner et ont joués aux mauvais flics, commençant à me hurler dessus, en me disant les conneries et les potentiels dangers que j’avais encourus avant de m’emmener à l’hôpital. Je n’ai rien réussi à leur dire, complètement muette, la seule chose qu’ils m’ont dit pour renforcer cette sensation que j’étais coupable de tout ce que je subissais. J’étais coupable de tout, c’était de MA faute ! À l’hôpital, j’ai eu une infirmière qui a réussi à me faire décrocher quelques mots : viol, frappé, peur. L’infirmière de par son devoir l’a informé au policier et il a déboulé dans la salle en gueulant contre moi de tout dire, de tout avouer, tout ce que j’ai fait, c’est pleuré et me réfugier derrière quelque chose. La même infirmière a crié et a foutu le policier dehors, à ce moment-là j’ai refusé tout test que j’aurais pu faire, toute photo et j’ai attendu mes parents qu’ils viennent me récupérer.

Je n’ai pas vraiment eu d’amis, le seul ami que j’ai eu pendant mon enfance, j’avais environ 12-13 ans. Il était un peu mon grand frère et allait frapper ceux qui me faisaient un peu trop chier. J’essayais d’être gentille avec lui et trouvais cela bizarre qu’il ne pouvait pas vraiment s’approcher de moi sans que je tremble ou que je ré éloigne. Mon moral baissait tout doucement, c’est à cette période où mon père était sur moi et me faisait vivre des soirées dans son fameux manoir. Un jour, il me bloqua à l’école, j’étais seule avec lui et a foncé sur moi, petit mais costaud, il m’a maintenu et a forcé pour qu’on reste un câlin. Je l’ai mordu, frappé et j’ai passé toute ma haine contre lui, lui disant des mots que je regrette aujourd’hui. Il m’a légèrement parlé de ce que je subissais et le nom, c’est à cette époque que j’ai appris le mot « viol ». J’ai eu peur que mon père le touche et je n’ai jamais voulu faire quelque chose avec son aide, retardant toujours jusqu’à que, je change d’école et que je pertes contact avec ce dernier.

Ma mère n’a jamais rien su (je viens à peine de lui dire, à 22 ans, et elle ne connaît que les très grandes lignes.), elle a juste pensée que j’avais fuguée pour une relation amoureuse que j’avais fait sur Internet. J’étais tout simplement dégoûtée par le monde, par ces humains. Et je ne voulais plus vivre, je n’avais plus aucun avenir, j’avais encore un peu de plaisir à parcourir le net, découvrir, comprendre et apprendre ce que j’avais envie. J’étais tellement brisée que je dormais, allais à l’école ou faisais le mur, je ne mangeais pas et je profitais de chaque instant pour me faire du mal, pour me faire souffrir après tout, je connaissais que cela. Je souriais devant ma mère ne voulant pas qu’elle puisse savoir ce qui se passait réellement, faisant « des crises d’ados » parfois car j’avais besoin de crier et malheureusement, car je m’en veux, je l’ai traité et j’ai réagis avec ma mère de façon parfois horrible, je l’ai insultée et j’ai été une salope avec elle, pensant qu’à moi et profitant de chaque instant pour la désobéir. Petit à petit, déjà que j’ai été jamais un grand fan pour sortir, j’ai toujours été asociale, préférant passer mon temps dans mon coin que d’aller parler à des gens (à quoi bon, je pensais). Je trouvais de plus en plus des excuses bidon pour ne plus aller dehors. Je n’ai jamais réussi à avouer à ma mère que sortir était juste un calvaire, je ne pouvais plus alors je me forçais pour lui faire plaisir, mais je faisais des crises d’angoisse que j’ai appris à dissimuler.

À ce moment-là de ma vie, donc à mes 17 ans et demi, je ne pensais qu’à mon suicide et comment y arriver. Je n’avais plus d’espoir, j’étais prête à me vendre, j’étais juste une coque vide. Tout ce que j’avais comme plaisir était mon ordinateur et m’inventer des histoires, dessiner, m’occuper et apprendre ce que je voulais vraiment. Je venais à peine d’avoir la victoire de ne plus subir des douleurs de la part de mon père ni des viols. Il y avait juste le fait de devoir sortir chez moi et me confronter au monde extérieur qui me déplaisait énormément, cherchant tout ce que je pouvais pour ne pas sortir. Je ne voulais plus du tout sortir, j’avais juste peur. J’étais parano, je pensais que tout le monde me regardait, tout le monde me jugeait et j’avais peur qu’on me fasse du mal, qu’on me viole. Je n’avais plus d’estime sur moi. J’étais juste un déchet.

Depuis quelque temps, je parlais de nouveau à quelques amis sur Internet, avec une plus grande méfiance. Ces amis me proposent de venir en vacances avec eux, j’ai accepté et j’ai rencontré Edouard, « mon futur compagnon ». Quand on pense qu’on est soi-même un déchet, le fait que quelqu’un t’accepte comme tu es, j’en suis tombée amoureuse et il était déjà amoureux de moi. En 3 semaines, je voulais m’éloigner de la Belgique qui m’avait fait tant de mal, je suis partie et j’ai commencé à vivre avec lui. Au début, tout était « rose » avec quelques petits points noirs, mais pas grand-chose. J’ai même réussi à trouver un groupe d’entraide, un groupe qui avait pop sur les notifications facebook, le mot « hikikomori » et j’ai décidé de le rejoindre. Je me suis sentie sereine, comprenant que je n’étais juste pas seule. Cela m’a soulagée et je pensais vraiment que je pourrais me reconstruire. 

Après 3 ans ensemble, cela va au plus mal. Edouard me ment et commence à ne pas supporter mon état d’hikisme. Finalement, après trois ans ensemble, et une énième promesse brisée, je veux le larguer et je comptais lui en parler quand ses parents (ils m’ont toujours détesté, car j’étais une pièce rapportée) m’ont gueulé dessus pour des choses que je ne pouvais pas faire, rien que nettoyer la maison était dur et je prenais du temps à le faire, mais je n’étais pas une bonne femme, tout était de ma faute. Le fait qu’Edouard perde est permis, qu’il a des soucis financiers, etc, c’était que ma faute. Edouard était devenu violent et buvait de plus en plus, il m’a plusieurs fois frappé quand il était saoul, et même sans l’être trouvant n’importe quel prétexte pour me donner un coup. Finalement, ses parents m’ont ordonné de me barrer et qu’au bout d’un mois, ils débarquaient et me foutaient dehors. Ma mère, qui était revenue et vivait chez nous le temps de trouver un endroit, avait allongé son séjour pour essayer d’aider d’Edouard et voilà comment on a été remercié. Le 24 décembre 2018, j’ai appris qu’ils ont foutu toutes mes affaires et ceux de ma mère, nous laissant juste le pauvre sursis. Heureusement, ma mère avait trouvé en urgence un appartement et on déménage.

Nous sommes en 2020, j’ai trouvé un nouveau chéri et nous vivons un petit paradis ensemble. Il y a un nouveau connard qui s’est rajouté à ma vie et qui me baisse parfois mon moral, mais heureusement que je peux compter sur des amis précieux et mon chéri pour me soutenir. C’est dur d’avoir un véritable connard qui cherche tout pour que j’aille vers lui et vive avec alors que j’ai toujours été claire, je n’ai aucun sentiment pour lui. J’ai appris des choses qui m’a fait énormément souffrir comme la mort de mon chien, mais je tiens bon grâce à mon chéri. J’ai envie dire que pour le moment, il y a un peu de paix avec de la joie après tant de maux. Et si vous vous posez la question : « Quand est-ce que je suis devenue Hikikomori ? » J’ai envie de répondre, je l’ai toujours plus ou moins été, depuis mon enfance jusqu’à maintenant. La seule différence, c’est que je ne connaissais pas le nom. Jusqu’à que j’apprennes malgré moi, que le monde est laid et froid…

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Ma bulle qui me permet d'imaginer et de vivre sereinement.
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