Bienvenue sur Hikikomori France

Témoignage Aude (1ère partie)

Bonsoir à tous, et merci pour l’acceptation. Je suis tombée sur ce groupe un peu par hasard, et ça m’a énormément parlé, du coup je me suis lancée. Et du coup, je pense que je vais faire une petite présentation… Je préfère prévenir, du genre y’a eut mieux, y’a eut pire, alors si vous ne vous sentez pas de lire, le faîtes pas, tout simplement, c’est pas très grave.

Je suis issue d’une FIV, donc théoriquement j’ai été très très attendue, enfin surtout pour ma mère qui a techniquement ne pouvait pas avoir d’enfant. Puis je suis née, on a déménagé dans une région que je hais, autant j’aime beaucoup le coin, autant les gens qui m’entour franchement moins.
Dès petite, j’ai été habituée aux hôpitaux, dès quelques mois en fait, grâce à un médecin préférant me laisser mourir plutôt que d’admettre une erreur médicale, toute bête. De là, les dix premières années de ma vie, je les ai passé de nourrices en nourrices, je ne me souviens pas de toutes, juste ma préférée.

À l’école j’étais habillée par mes parents, donc garçon, qui m’a amené à ma première relation, à onze ans avec une autre fille, je l’ai aimée, vraiment, j’ai été pas mal rabaissée, puis plus tard tabassée etc. J’étais donc de ce fait extrêmement réservée, et ma scolarité à été compliquée, aujourd’hui je suis sans diplôme, et donc sans emploi. À huit ans, mon ancien voisin m’a fait des attouchements, mais j’en ai jamais vraiment parlé, je comprenais pas à l’époque. Vers mes seize ans, ma maladie auto-immune s’est déclenchée, je venais de perdre beaucoup de gens, et c’était pas fini. Dans la même année, j’ai également vécu deux tentatives de viol du meilleur ami de mon père.
Quand j’ai tenté de lui en parlé, il m’a simplement dis « non, je le connais il ne ferait jamais ça ». Soit.


La vie continue, alcoolisme et drogue, je plonge définitivement, j’essaie une énième fois le suicide, par défenestration ce coup ci, dans la foulée on m’interne, on me traite comme un bébé indésirable. J’y fête mes dix-huit ans.
Heureusement, mon meilleur ami est là, tout les soirs il m’appelle, et me joue de la guitare. « Nothing else matters » pour être précis. J’aime cette musique. J’aime des hommes, qui me manipulent, me trompe sont violent etc, mais c’est comme ça.
Je perds mon premier bébé, mais je ne réalise pas vraiment, alors ça reste enfoui. Puis un jour, je mets un mot sur ma différence, je suis spéciale, mais je mets du temps à l’accepter. Puis j’aime un autre homme, qui ne m’aime que pour ce que je lui apporte. Ce que je suis, mon passé, il rejette tout.

Je tombe à nouveau enceinte, bébé est voulu, mais c’est bizarre. Il est là je le sais, même si le test est négatif. Alors j’achète une petite couverture, je m’y vois un peu, naïvement. Puis avant de pouvoir aller à mon rendez-vous pour vérifier quand même, ça bascule, encore. Mon beau petit bébé s’envole, et c’est pas comme la dernière fois, là c’est douloureux. Mais je ne lui dis rien, il n’a pas besoin de savoir.

Il me quitte, je lui « brise le cœur », lui qui m’a brisé, mais c’est comme ça encore. Puis je me confie, à la seule personne qui compte, mon père, qui n’a jamais été vraiment là, qui m’a laissé tombé, le fait encore « je lui fais peur ».

Alors aujourd’hui, je suis seule, j’ai mal, mais je suis vivante, avec mes problèmes, assez lourds (santé, alcool etc),
mais je me dis, je suis pas seule, alors ça ira.

Merci d’avoir lu si vous l’avez fait, merci de m’avoir accepté ici, je suis pas très bavarde, alors c’es assez brouillée, navrée.

Partagez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *