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Témoignage de Amy

Je ne sais pas trop comment commencer et ça risque d’être un peu décousu mais voici mon témoignage :

Je suis une enfant battue et qui a subis des attouchements par son père pendant son enfance jusqu’à l’adolescence, il m’humiliait devant les clients de son salon de coiffure et me comparait sans cesse à ma petite sœur qui avait de meilleures notes, je peinais dans les études car dans un premier temps je voyais double puis vinrent les problèmes d’auditions.
 À neuf ans j’étais sourde de l’oreille gauche, dégénérescence du nerf auditif qui se replie sur lui même, sur le scanner ils croyaient même à une tumeur au début, vous imaginez bien comme j’étais bouleversée à cet âge quand on me l’avait annoncé.
J’ai souffert de terreurs nocturnes pendant longtemps et ai portées des couches jusqu’à 6 ans aussi.
Bref combo gagnant pour être la cible des moqueries des autres enfants, à cet âge ça ne fait pas de cadeau.
Je n’arrivais pas à lire, c’est ma mère qui est infirmière qui m’a apprise la méthode syllabique équivalent de Montessori à quelque chose près, et j’avais(j’ai toujours d’ailleurs) peur des grands chiffres et du mal avec le calcul mental, mais surtout j’étais lente très lente, sans doute ma schizophrénie non diagnostiqué à l’époque qui me parasitait et m’empêchait de me concentrer (je suis incapable de faire deux choses en même temps).

En primaire j’eue l’idée de vouloir ressembler à un garçon en prenant un des ciseaux de coiffeur de mon père, me disant qu’ainsi je le rebuterai et lui me passa carrément la crinière à la tondeuse, j’avais 8 ans et tout le monde se moquait encore de moi sans savoir le pourquoi d’une telle coiffure, ce qui en fin de compte exacerba les pulsions de mon père, je l’appris plus tard, lui ce qu’il aimait c’était surtout les corps mince et plats comme ceux des petits garçons.
Je commençais à perdre vraiment confiance en moi et n’avait jamais eu un seul véritable ami, les années primaires passèrent et je ne sortais que pour aller à la bibliothèque le mercredi.
Je m’évadais et vivais par procurations à travers ceux ci, m’y attachant comme à des amis. 

Arrivée au collège les persécutions scolaires étaient d’un autre niveau, j’étais celle qui étais anormale avec sa surdité et son appareillage à l’oreille droite(entre temps mon ouïe commençait doucement et régulièrement à baisser), j’étais sois disant la chouchoute, je ralentissais la classe sois disant.
On m’appelait derrière mon dos et quand je répondais “Quoi ? ” on me disait que j’entendais des voix comme Jeanne d’Arc.
On me mettait du chewing-gum, de la colle et du blanco dans les cheveux, des coups de ciseaux sur ma trousse, mon cartable, mes vêtements.
On me poussait dans les escaliers et me frappait, tout le collège était contre moi à cause de deux filles populaires de ma classe qui faisait les spectacles de fin d’année scolaire, les professeurs n’avaient aucune autorité(cherchaient ils vraiment à l’avoir), seuls ma prof de musique me permettait de chanter le plus possible (j’avais une voix de mezzo soprano et j’aurais aimé aller au conservatoire mais avec mon ouïe je n’ai pas pu), ma prof de français qui m’a permise d’écrire une rédaction sur ce que je ressentais face à mes persécutions et mon prof de math qui me me faisait du soutiens scolaire un midi par semaine.
Sinon en rentrant chez moi je retrouvais soit le désintérêt de mon père et les humiliations avant la violence soit les cours de soutiens qui duraient de 17h à 21h.
Puis les nuits d’insomnies que je comblais à lire depuis mes 6 ans.
Ce fut la période où je devenais cleptomane (manie de voler pour avoir la sensation de me rattacher à quelque chose, à un souvenir matériel) et que je devenais boulimique pour combler un manque d’affection sans doute due à l’absence de réelle figure paternelle.
L’année où ma petite sœur m’a rejointe au collège j’ai pu souffler un petit peu, elle a du caractère et sait se défendre et elle m’intégrait parfois à son groupe d’amis.
Mais à cette époque je fus harcelée sévèrement par un gars en particulier qui avait eu à faire à mon grand frère de 8 ans mon ainé, et à qui il gardait rancune, ma sœur me sauva de justesse quand il me poussa sous les roues d’un bus.
 Après ça il fut viré du collège mais allait dans le lycée technique accolé, il me poursuivait parfois jusque chez moi et frappa ma sœur en la jetant même un jour sur le pare brise d’une voiture, il continua à me harceler et me frapper ainsi que casser mes lunettes jusqu’à ce qu’on porte plainte.
J’eus beaucoup de mal à endurer tout ça et j’eu une période de mutisme ou autistique ou je ne regardais plus personne et ne parlais plus et ne voulais plus sortir.
Je finis tout de même par retourner au collège pour ne pas décrocher, j’avais eus des polycopiés à la maison, j’étais habituée vu que je manquais souvent les cours pour mon suivi médical, j’obtenais mon brevet avec une note moyenne. 

Ma mère découvrait la violence de mon père par hasard, étant infirmière de nuit elle n’avait jamais su, c’est tout ce qu’elle sut pour le moment, j’avais l’impression que c’était ma faute, qu’il devait y avoir une bonne raison à tout cela, je vais peut être choquer mais je continue de le voir même si c’est rare, jamais seule par contre, il s’est excusé et m’a expliqué qu’il n’avait fait que reproduire ce que les frères de l’abbaye et sa mère lui avait fait, je suis empathique ça m’a fait de la peine, je n’ai jamais dénoncé mon père.
Mes parents divorçaient, j’allais vivre dans une grande ville en périphérie et à la rentrée un apprentissage en fleuristerie, j’étais heureuse, je sympathisais même avec mes voisins qui aujourd’hui sont comme de la famille. Ça ne durerait pas…
Les cours me plaisaient, les maths c’était du gâteau avec les proportionnalité, j’étais plutôt douée en confection de bouquet rond/tige et composition et je n’était pas mauvaise en dessin.
Bref la partie école ça allait. C’était la partie apprentissage où ça se gâta, mon premier maître d’apprentissage me traitait comme sa pote, me disait des blagues salaces, m’insultait et m’enfermait dans la chambre froide. Vu que ma patronne la comptable de trois boutique voulait éviter l’ esclandre elle me changea de boutique et de maitre d’apprentissage, là j’apprenais à faire un bouquet rond en une heure et elle crut voire une virtuose alors que pas du tout et mal lui en pris, elle avait empoché une prime pour avoir pris une handicapée(moi) et pensais(ce qu’elle fit à regret) virer une de ses employée pour la remplacer par sa toute nouvelle apprentie.
Sauf que j’étais tellement méticuleuse(atteinte de toc) que je n’allais pas assez vite et puis vint le coup fatal, des crises d’épilepsie à répétition, fleurs abimées, vases cassés, perte de conscience à tout bout de champ, de charmante elle criait à la tromperie, m’agonisait de bêtises.
Bref rupture de contrat, qui dit plus de maitre d’apprentissage dit plus d’école et puis franchement ailleurs rien aurait été différent j’imagine.
Je fus quelques mois recluse à la maison puis j’intégrais un lycée pour handicapés moteur et sensoriel ainsi que psy dans une 3ème technologique, tout s’y passait pour le mieux, je songeait à une réorientation pour l’année d’après, employée familiale. 

L’année se passait bien, j’étais l’une des meilleures élèves de ma classe mais là encore le sors s’acharne, j’avais une prof de santé très instable qui m’a fait faire la toilette d’un prêtre mort, celui là même qui avait eus des attouchements sur moi quand j’étais enfant pendant le catéchisme et qui m’avait faite exorcisée par mon père(croyant fanatique) parce que j’aimais les contes de fées et légendes en tout genre, j’ai fais une sorte de burn out, ne suis pas retournée au lycée(à la base je me levais à 6h tout les matins pour prendre un tramway puis ensuite un train et le soir je rentrais à 21h)et ne me suis pas présentée à mon examen de fin d’année. Après ça j’ai eue des crises de parano, des hallus de plus en plus, j’ai été hospitalisée en hdt dans une unité pour les ados et jeunes adultes. 

Suis rentrée chez moi ai refais des crises jusqu’à une hallu où on me disait que ma famille serait mieux sans moi, une courte douleur pour un long répits ensuite, je n’avais pas refais de TS (Tentatives de Suicides) depuis que j’avais une dizaine d’année.
Là urgence, lavage d’estomac évité mon frère m’ayant forcée à vomir. Pas de place pour une hospitalisation en psy ado donc je suis avec les cas adultes les plus dur.
Je suis tellement shootée que je ne tiens pas sur mes jambes, ma voisine usant de la sonnette comme d’une mitraillette ils viennent la désactiver sauf que ça désactive aussi la mienne.
Je dois me débrouillée pour aller au toilettes qui sont dans les communs, toute seule en rampant au sol dans la nuit. Une fois arrivée quand j’allais fermer la porte ça coince quelque chose ou plutôt quelqu’un m’en empêche, un type, un autre malade qui m’obligera à lui faire une fellation, à ce moment là j’avais à peine la force de parler alors crier pour appeler à l’aide.
J’étais punie par mes bêtises. Le lendemain je ne disais rien, je pensais l’avoir mérité, c’était ma punition et puis un vieux se massait les escarres aux fesses devant tout le monde dans la salle télé pendant qu’un autre me bavait dessus en essayant de me faire des bisous dans le cou alors je croyais moyennement en une justice.
Après je redescendais dans l’aile des ados et là deux filles me snobait, je craquais dans ma chambre pleurais et entendais des rires elles s’étaient cachées en dessous mon lit, on finissait par sympathiser et je leur racontais ce que j’avais vécu, je n’en parlerais à personne d’autre pour le moment.
Après cela j’allais dans un centre psychothérapeutique pendant plusieurs mois avec de temps en temps un moment en chambre d’isolement, pas de lacets, pas de ceinture ni crayon, tout en plastique un lit des WC et un livre, des jours et des jours durant. Une fois à l’extérieur j’ai du faire visiter le centre à un nouveau avec l’aide d’une autre fille, il me disait quelque chose et je lui dit, on habitait la même ville, je parlait donc de mon ancien lycée mais ça n’était toujours pas ça. Il nous invita à écouter de la musique dans sa chambre, on le suivait ne voulant pas laisser le nouveau tout seul.
Une fois dans sa chambre il mis du rap, pas notre genre de musique à l’une comme à l’autre, elle finit par prendre congé et moi je restait.
Il dit qu’il avait chaud et enleva sa chemise de sur son t-shirt, soudain je voyais les plaques d’eczéma et mon occultation s’ôta, c’était lui, je savait maintenant pourquoi il m’était familier, c’était mon agresseur de l’hôpital psychiatrique. J’ai gardé mon calme et pour me sortir de là lui ai proposé un billard.
Plus tard par contre j’ai affolées toutes les filles en leur disant que c’était un violeur et ce qu’il m’avait fait, j’ai semé la panique et ai agi de manière irréfléchie, les médecins ne m’on pas cru, j’ai du avertir ma mère qui m’a accompagnée pour porter plainte, je l’apprendrais plus tard, en vain, je m’y étais prise trop tard. 

Après ça j’ai finit dans une clinique ou on m’a fait des sismos ou électrochocs, sans mon consentement, j’étais tellement shootée que je ne sentais plus mes extrémités.
Ma mère m’a heureusement sortie de là. Ce fut reparti pour les crises à la maison, j’étais de plus en plus agressive dès qu’on touchait à ma routine, mes toc s’intensifiaient en même temps que ma dépendance à ma mère tant pour les besoins vitaux que sur le plan affectif. J’allais intégrer un nouveau centre où je travaillerais, aurait un petit pécule et vivrais avec d’autres malades psy.
La vie en communauté plus mes crises d’épilepsie qui se faisaient de plus en plus fréquentes et m’empêchant de travailler puisque j’étais sois de service en salle, soit de passe plat, soit en plonge, je fuguait de mon foyer à répétition débarquant en pleine soirée chez mon père(dire que j’étais désespérée) et la dernière fugue ai été rattrapée au dernier moment par les flics pour me ramener auprès de ma mère.
Après ça elle ne m’a plus forcée à y retourner. 

Plus tard on déménageait je prenait internet pour la première fois, j’avais 20 ans, je passais mon temps à regarder des animés et dramas, parlais sur irc et sur myspace, c’est ainsi que je liais connaissance avec de nombreux gothiques et métalleux, je déménageais en foyer de jeunes travailleurs pour faire une formation qui échouait et re faisais une tentative de suicide, heureusement un ami de ma formation venait me chercher pour me requinquer avec l’accord de ses parents je passais le weekend chez lui avant qu’il ne prenne contact avec ma mère.
Après ça je passait un moment chez ma mère avant de retourner au foyer pour halloween, j’y rencontrais mon premier petit copain. On emménageait ensembles peu de temps après vu que mon bail et le sien arrivaient à échéance. Au début on était complice même si sur le plan sexuel je me forçais, je n’en ressent pas le besoin vu que je suis frigide.
Puis il est devenu violent en acte et parole, faisant du chantage affectif, simulant des malaises, à la fin il me forçait à avoir des rapports et à regarder de la pornographie. J’ai du me couper de tout mes amis à cause de lui, il n’y a que lorsqu’il était en formation que je pouvais discuter sur le net.
J’ai eue l’aide de ma mère pour me défaire de son emprise, c’est elle qui l’a acculé en lui réclamant la part des loyer impayés de notre colocation, devant ses dettes il a vite choisie la fuite. 

Après cela ma mère et moi avons changé de région, nouvel appartement dit nouveau départ. Je me suis fais quelques amis dont un que je considérais comme mon petit frère(il avais 17 ans et j’en avais 26),il flirtait pas mal avec le danger, d’ailleurs j’avais même droit à ma propre version du fameux projet x avec saccage d’appart, squats invités chez moi, vol de mes affaire, clefs ordi et argent, j’étais tellement en panique et submergée que je ne pensais pas à appeler les gendarmes, c’est ma mère qui reconduisait les derniers “invités” chez eux vers 4h du matin après que je l’ai appelée, angoissée.
Je payais un loyer avec mon AAH mais ma proprio était ma tante.
Après ça je ne sortais plus, un jour je laissais mon volet fermé côté rue mais la fenêtre mal fermée malheureusement et le lendemain matin j’eu le déplaisir de sentir des mains me caressant intimement, un type saoul avait fracturé mon volet et une fenêtre je le saurais après, pour l’instant il se contenta de de me dire que j’en avais une belle paire puis avec le peu que je portais puisqu’on était en été, il fallait qu’on soit à égalité et baissai pantalon et caleçon, j’avais juste le temps de détourner le regard qu’il remontait le tout. 
Après je le suivais vers ma fenêtre enroulée dans ma couette, il sortit mais culpabilisais de me laisser en état de choc, j’avais l’une de mes crises de tremblements il faut dire. Il me proposa de rester devant la fenêtre, moi je lui disait de rentrer par la fenêtre, on s’assieds après que j’eu enfilé des vêtements, je lui servis un verre d’eau et je commençais mon sermon, ici c’était l’appartement de ma grand-mère avant qu’elle ne décède, il aurait pu tomber sur elle et lui provoquer une crise cardiaque, ou même il aurait pu tomber sur un type balèze ou effrayer un enfant, bref j’ai sans doute agit de manière irréfléchie et imprudente mais pour moi je reprenais le contrôle de la situation, l’après-midi je portais plainte contre x. 

Plus tard la mère de mon petit frère de cœur était inquiète, elle me demandait de veiller sur lui, j’allais à une fête ou drogue et alcool circulait, c’est ainsi que j’ai fait la connaissance d’un jeune homme de deux ans de plus que moi, coïncidence moi grande naïve et/ou rêveuse j’y voyais un signe, nous étions nés le même jour. On a beaucoup discuté, c’était un adopté de Corée du Sud, moi qui m’intéresse beaucoup à celle ci je lui en parlait. Un jour il m’appela pour me dire qu’il avait un dégât des eaux et pour me demander si je pouvais l’héberger, je lui dit qu’il pouvait prendre mon canapé.
Cette nuit là, il a abusé de moi pendant mon sommeil, difficile à croire quand on ne connait pas le traitement lourd des stabilisateurs d’humeur, calmant , antipsychotique, antiépileptique plus le somnifère mais c’est possible la preuve, je me réveillais tout juste pour lui demander ce qu’il faisait qu’il me répondait que j’avais l’air d’accord puisque je n’ai pas dit non.
Le manque de réaction aurait du lui mettre la puce à l’oreille.
J’ai porté plainte, il m’a fait du chantage affectif, m’a dit qu’il tuerais ou volerais mon bébé, parce que oui j’étais enceinte et je le gardais cet enfant innocent.
Comme une idiote j’ai retirée ma plainte, j’ai appris plus tard qu’il avait tout un tas d’enfants de plein de femmes différentes.
Après ça j’ai pu élever ma fille avec l’aide de ma mère, jusqu’à ses 4 ans et demie, puis ma psy a jugée que j’étais dépassée par la situation, il y avait toujours un contrôle pmi et avec la psychologue de l’antenne pmi, le juge des enfants, et l’accord de ma sœur et mon beau frère nous l’avons placée chez eux.
J’ai beaucoup de chance, c’est une garde partagée, je garde mes droits décisionnaires en tant que parent. 

Ma fille, Aurore, est courageuse et fait preuve d’une maturité extraordinaire(je ne dis pas qu’elle est parfaite, quoique à mes yeux ^^), le jour où je l’ai déposée elle m’a dit de ne pas m’inquiéter et qu’on allait se revoir très vite, qu’elle penserait fort à moi et qu’elle m’aimait le plus au monde.
J’ai peur des gens, du regard des autres mais dans le regard de ma fille je ne vois nul jugement juste de la fierté, de l’espoir et de l’amour, c’est beau comme tout et rien ne me réchauffe plus le cœur que ça. Alors recluse/hikikomori, certes oui, mais parfois on arrive à dépasser ses angoisse en se concentrant sur le meilleur 
🙂

Amy

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